"Là! c'est de la Musique" programmation 2022 LES DAMES DE LA JOLIETTE

Dernière mise à jour : 17 juin


C'est à la lettre "D" qu'a choisi de s'arrêter aujourd'hui notre implacable lexique, "D" comme "Dame", elle va sans dire, mais aussi comme "Défendre" ou comme "Déterminée" au féminin. Mais commençons par un peu d'histoire et un flashback à Marseille en 1524, celle-ci assiégée par les troupes de Charles Quint, et malgré une ardente résistance de ses habitants, est mise en grande difficulté par un déluge de boulets ouvrant des brèches béantes dans ses remparts et rendant la ville vulnérable. Le Connétable à la tête des assaillants était confiant sur l'issue victorieuse de la bataille, c'était compter sans la détermination des femmes, ouvrières, nobles, bourgeoises, épouses, mères et sœurs qui, descendues de la place Saint-Thomé, appellent leurs concitoyennes à les suivre plutôt qu’à se lamenter, prêchent la résistance ou la mort, galvanisent un cortège d’amazones qui gravissant toutes les calades conduisant au rempart nord, apportent avec elles toutes sortes de matériaux, d’outils et travaillent d’arrache-pied à la reconstruction des fortifications endommagées. Au petit matin, les brèches étaient comblées, le Connétable n'en cru pas ses yeux.. et ses oreilles, quand retentit une clameur : depuis Avignon le roi et son armée venait au secours de la fidèle Marseille. Pendant que le félon Connétable et ses soldats, décampaient en hâte, femmes et hommes criaient, Vivo Marsiho ! Vivo Marsiho !

Cet épisode et ses héroïnes entrèrent dans l'histoire marseillaise sous le nom du "Bastion des Dames" qui donna son nom au Boulevard des Dames qui relie la Porte d'Aix à la Joliette. Et c'est justement sur ce Boulevard que 5 siècles plus tard se rencontrèrent 5 chanteuses et instrumentalistes au "Grand Domaine", l'idée des "Dames de la Joliette" était née.

En effet, Les Dames de La Joliette croisent le fer et s’interpellent à coup de pandeiro, de tamureddu, de bongos. Pas de quartiers, les hommes ne seront pas épargnés. Femmes au travail, chants de guerre, poèmes d’amour, chants récoltés et revisités, compositions originales.

Fortes et puissantes, elles nous emportent dans leurs combats en occitan, en français, en grec, en italien, en sicilien et en espagnol. Les Dames de La Joliette se veulent héritières de l’esprit de résistance et de vie de toutes ces femmes, poétesses ou femmes du monde, qui luttèrent, à l’image de leurs illustres ainées du "Bastion des Dames".


De gauche à droite

“A” comme Annie

Après avoir étudié durant 5 ans la guitare classique avec Jean-Emmanuel Jacquet à Marseille, puis la contrebasse avec Christian Gentet, Annie Maltinti s’oriente vers le travail de la voix en découvrant le chant polyphonique occitan au sein de la Compagnie nationale du Lamparo.

Elle cofonde en 2007 le quatuor vocal Enco de Botte, quatuor d’expression occitane et corse et se forme à la Paghjella corse au Centre d’Art Polyphonique de Corse avec Jean-François Luciani. Elle intègre le grand ensemble vocal, 23 voix issues de la scène occitane, Madalena. Elle a découvert les rythmes du Brésil, de Bahia au Nordeste, séjourné auprès des indiens Pataxó, portant un intérêt tout particulier aux contes et histoires populaires et à la musique dans sa dimension sociale. Elle cofonde le groupe Nova Troba avec Gil Aniorte Paz. La musique nait d’un nouveau voyage au Brésil et de la rencontre avec des formes poétiques de cercles brésiliens à Rio de Janeiro dans les années 1960. La culture des troubadours a voyagé, de l’Espagne au Portugal, du Portugal au Brésil. Nova Troba recueille ces quatrains de poésie Cordel ( petits feuillets accrochés à des cordes à linge dans les marchés ) et les met en miroir avec des textes choisis du poète occitan Robert Lafont. En 2016, elle intègre Les Dames de La Joliette, sous la direction artistique de Gil Aniorte Paz. Le groupe part en tournée au Sénégal en décembre 2019 avec 3 musiciennes sénégalaises, femmes griots et musicienne issue des musiques urbaines.

Discographie : Mezdj, Mescla (2008) / Enco de Botte, Castèls en l’aire (2017) / Dao électro, Secret of the Cosmos (2017), Nova Troba, Cometa que brilha, Septembre 2019.


“M” comme Maura

Chanteuse sicilienne, née à Messine, Maura Guerrera est marseillaise d’adoption depuis 2013. Elle a eu la chance de se familiariser avec la culture musicale sicilienne dès 1996, grâce à des musiciens porteurs de la tradition agropastorale de la région des Monts Peloritani. Elle étudie différentes techniques et figures rythmiques de tambour sur cadre d’Italie du Sud notamment la technique sicilienne. Elle étudie également les Modes du Chant Paysan avec Giovanna Marini et la technique vocale avec l’ethnomusicologue et musicienne Martina A. Catella. A partir de ces chants traditionnels elle va à la rencontre des autres musiques méditerranéennes et des musiques actuelles. Elle a collaboré, en Italie et à l’étranger, avec plusieurs artistes et groupes, entre autre Lino Cannavacciulo, Mimmo Maglionico, au projet Canti e Incanti di Sicilia et bien d’autres.

Elle est à l’initiative du projet Spartenza : chants traditionnels siciliens, mélodies orientales et rythmes méditerranéens, que Là! c'est de la Musique a eu le privilège de recevoir lors de l'édition 2019. Elle a rejoint Les Dames de La Joliette en 2014.


“N” comme Nadia

« Ma fille, tu feras de la danse ou du piano », c'est en ces termes que dès l’âge de sept ans Nadia Tighidet opte pour le piano classique, avec un apprentissage« à l’ancienne » . Très vite, Nadia lui préfère le jazz qu’elle pratique pendant cinq ans avant que son professeur ne fasse ce constat : cette élève-là ne joue pas du piano, elle tape dessus… À 15 ans, elle abandonne alors ses gammes pour les percussions traditionnelles cubaines. Repérée par une chanteuse malgache, elle intègre le groupe Les Soul’ Mama’s , apprivoise sa voix et écume, à seize ans, les cafés concerts de Marseille, puis de la région. L’aventure dure plus d’un an tandis qu’elle poursuit son apprentissage harmonique et choral en option musique au lycée. Élargissant peu à peu sa palette avec les percussions espagnoles et arabes, elle collabore ensuite avec des musiciens de la scène world marseillaise come Sayon Samba ou Pépé Oleka, avant de co-créer le groupe de compositions NHAO une belle aventure qui se concrétise avec un album Le Cri du zarb. En 2014, Nadia rejoint  Les Dames de La Joliette dirigé par Gil Aniorte Paz auprès desquels, elle trouve l’occasion de se révéler dans un art qui l’a toujours fascinée : les chants polyphoniques et traditionnels.


“S” comme Sylvie

Sylvie Paz, artiste transméditerranéenne puise son inspiration dans ses origines espagnoles andalouses et méditerranéennes et forge sa voix au regard des traditions de ces territoires. Elle intègre Les Dames de la Joliette en 2015. Chanteuse, elle écrit et interprète aussi des chansons et des textes pour elle-même et pour d’autres, Barrio Chino (groupe fondé avec son frère Gil), Radio Babel Marseille, Diwan de Mona / Putumayo, la Ultima. Chante dans Rassegna (prix Charles Cros 2017). En création avec Nicolas Cante et Lucas pour Carbonero conte électro. Son dernier projet Zoppa album Topographia est en co-compositions avec Kalliroï Raouzeou, BO documentaires). Elle s’intéresse à la création sonore et à la question du récit de soi en PODCAST avec le fil de soi. Elle relie création et liens avec le/les public(s) avec la question de L’humain au cœur. Sylvie Paz enseigne et travaille depuis de nombreuses années en France et à l’étranger. Elle s’intéresse aux questions sociales et sociétales et à la place des femmes dans la société… Elle écrit et dessine aussi.


“K” comme Kalliroï

Kalliroï Raouzeou  a étudié le piano, l’harmonie au Conservatoire National de Grèce à Athènes, le jazz, le chant et la musique contemporaine à l’Université ionienne à Corfou. Elle a étudié le théâtre à l’École Dramatique de G. Theodosiadis. À partir de 2000, elle collabore en tant que chanteuse et pianiste, avec plusieurs artistes et groupes et obtient une expérience musicale éclectique. Parallèlement, elle écrit la musique pour des spectacles. Installée en France depuis 2010, elle collabore avec le bateau-théâtre La Nef des Fous, la compagnie de danse AnouSkan, la Compagnie Rassegna, le théâtre Nono, la Maison du Chant ; elle participe au Festival de la Chanson française Pays d’Aix, Jazz Altitude à Briançon  ; elle enregistre avec le jazz-trio Oxxaman l’album Music from Rebetika et crée le projet musical FadoRebetiko, le blues du Portugal et de Grèce.

En 2014, Kalliroï rejoint Les Dames de La Joliette.

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