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Le Blog


Un peu avant que le lancer de frisbee ne fleurisse dans les jardins de Libreville, Pamela Badjogo y naquit et y passa son enfance. Déjà déterminée à faire de la musique, elle commence timidement par être choriste de hip-hop et intègre différents groupes avant d'intervenir dans des studios de musique. Mais pour son père la musique n’est pas un métier, il pousse donc sa fille dans la voie que lui-même avait choisi, la biologie et la pharmacie, soucieuse que son papa soit fier d'elle, elle choisit la biologie tout en continuant en parallèle à faire de la musique : les matins à la fac, les après-midi dans des studios d’enregistrement. Après l'obtention d'une bourse pour ses études en microbiologie, elle s'installe en 2005 à Bamako où elle propose ses services de choriste et se fait connaitre notamment par le Studio Tamani qui accueille Dee Dee Bridgewater. Amenée à postuler pour faire les chœurs du dessin animé Kirikou & Karaba, elle réalise pour la première fois qu'elle peut gagner de l’argent en chantant..

En 2007, Pamela Badjogo est finaliste de l’émission Case Sanga sur Africable, en remportant la demi-finale face à l’artiste Cheick Siriman Cissoko.

Elle chante également pour Salif Keita et Oumou Sangaré.

Sa carrière solo débute en 2015 avec un album, Mes Couleurs qui offre une palette de sonorités blues et afro-jazz, qui puise son inspiration dans les traditions bantoues de son Gabon natal combinées aux rythmes mandingues du Mali.

L’année suivante, elle est finaliste du Prix RFI découverte.

Sélectionnée aux côtés des artistes Josey de Côte d’Ivoire, Rokia Traoré du Mali, Charlotte Dipanda et Coumba Gawlo Seck pour la clôture de la Coupe d’Afrique des Nations de football 2017 au Gabon, les cinq femmes présentent ensemble une composition signant leur engagement dans la lutte contre le cancer, la chanson intitulée Pour nos sœurs et pour nos mères..

La même année, au Mali, Pamela Badjogo dirige le programme «Moussoyayé Koba yé » (C’est une excellente chose d’être une femme), collectif d’artistes réunis contre les violences basées sur le genre. L’initiative soutenue par l’ambassade du Canada et ONU Femmes regroupe une vingtaine d’artistes parmi lesquels Rokia Traoré, la rappeuse Amy Yerewolo, Doussou Bagayoko.. et se conclut par un concert.

Le 25 janvier 2018, au Cameroun, Pamela Badjogo anime à Douala, aux côtés d’autres personnalités influentes comme Sally Nyolo, un atelier sur l’autonomisation des femmes.

Elle s'installe ensuite en France et travaille sur un projet fusion entre jazz et world music avec les artistes Guillaume Wilmot, Philippe Éliez et Laurent Facon.

Le second album de Pamela Badjogo, Kaba, sort en 2020, elle y aborde, de façon dansante, les sujets des violences faites aux femmes et des inégalités entre les sexes. Dans la veine de la vague afro-pop et afro beats en pleine effervescence sur tout le continent africain et portée par les scènes du Nigéria et du Ghana, Pamela Badjogo s’inscrit dans la lignée de Yemi Alade et de Burna Boy en portant son flambeau dans la francophonie. Toujours aiguillée par le guitariste spécialiste du highlife*, Kwame Yeboah (guitariste et arrangeur de Pat Thomas et d'Ebo Taylor), Pamela emmenée par des cocottes* de guitares entêtantes, perpétue son engagement en faveur de l’égalité des chances femmes-hommes. Décidée à célébrer l’humanité sur un groove englobant différents âge d’or des musiques d’Afrique, Pamela livre ses chants humanistes sur une musique introspective et soul envoûtante mêlant intimement les instruments traditionnels mandingue, les vocalises jazzy, avec le groove afro beats et afro house qui font la fierté de la jeunesse africaine et de sa diaspora tout autour de la planète.. BD°)

Nous avons hâte d'accueillir Pamela Badjogo le samedi 16 juillet 2022 à 18h dans la cour du Collège Vernet à Avignon dans le cadre du festival “Là! c'est de la Musique” édition #6. L'effervescence Highlife et Afropop africaine sera de rigueur en ce début de soirée.. let's groove!!




Étant donné que lors de l'édition 2021 de Là! c'est de la Musique les artistes présents avaient été dévoilés et documentés sur le blog dans l'ordre de leur programmation au festival et que comme chacun sait, de l'uniformité nait l'ennui, je vous propose cette année d'égrainer la liste des artistes et des spectacles par ordre alphabétique.. et ainsi de débuter avec AGUAMADERA un voyage à travers les richesses musicales du folklore traditionnel sud-américain, du joropo vénézuélien, du chacarera argentine, de la valse péruvienne. D'un accord de guitare ou de cuatro, sur de superbes arrangements, María Cabral et Marco Grancelli revisitaient avec élégance et humilité de grands classiques dans des versions très personnelles, sur l'album « La Campana ». Avec « Las historias que han dejado » (Les histoires qu'ils ont laissé), leur nouvel album, AGUAMADERA inaugure une nouvelle sonorité avec des compositions originales et une formation en quartet due à la complicité du bassiste Julien Rieu de Pey et de la percussionniste Vanesa Garcia. Le spectacle gagne en envergure tout en conservant la subtilité et les arrangements caractéristiques du groupe. Marco Grancelli, qui chante, joue de la guitare, du cuatro* vénézuélien et produit la musique du groupe, est né à Buenos Aires, fils d’une journaliste culturelle et d'un vendeur d'instruments, Marco grandit dans un environnement artistique, où il n'est pas rare qu'il croise nombre de musiciens professionnels. À l'age de onze ans il commence à étudier la guitare et se consacre professionnellement à la musique à dix-huit ans. Il a étudié avec divers professeurs le chant, la percussion brésilienne, le cuatro vénézuélien et la théorie musicale, en parallèle de son engagement dans différents groupes en tant que directeur et arrangeur, ce qui fait de lui un producteur polyvalent de musique folklorique sud-américaine. Au cours des dernières années, il a fait partie du chœur CUERDOS VOCALES comme ténor et a dirigé le groupe de samba brésilienne SAMBALEZA. María Cabral quand à elle chante, joue du cuatro* vénézuelien et des maracas, née à Posadas (province de Misiones en Argentine), elle commence ses études de musique à l’âge de 8 ans avec le piano, bien vite elle s’intéresse au chant et participe à la chorale d’enfants de l’Université Nationale de Misiones. Sa formation continue avec différents professeurs particuliers mais sa curiosité la conduit à étudier d’autres instruments – la guitare, le cuatro, les maracas – et la théorie musicale, ainsi qu’à s’intéresser à l'expérience musicale en elle-même, notamment en lien avec la santé, en finalisant une licence de musicothérapeute. Plus récemment, elle a participé à différents projets : le duo de compositions originales HADZICABRAL et la chorale de musique folklorique CUERDOS VOCALES. Peut être là où se sont croisés les destins de María et Marco, pour notre plus grand plaisir !

Vous aurez la chance de les écouter le vendredi 15 juillet 2022 à 21h dans la cour du Collège Vernet à Avignon dans le cadre du festival “Là! c'est de la Musique” édition #6.

BD*) *Le cuatro (4 en espagnol) est une petite guitare à quatre cordes utilisée dans la tradition folklorique des Llanos du Venezuela et de Colombie, dérivée de la guiterne baroque espagnole ancêtre du cavaquinho portugais et du ukulélé. Il accompagne souvent la harpe avec des maracas dans le style llanero, en particulier pour le joropo (danse de couple vénézuélienne) mais aussi parfois pour des tonada (chants de bergers). Son jeu instrumental principalement harmonico-percussif est fait de golpe, technique consistant à taper avec les doigts ou la paume de la main, et de syncopes obtenues par des claqués ou des étouffés sur les cordes, cette maltraitance facilitée par des cordes très souples, induit un renforcement de la table incluant une demi-rosace, souvent ornée, dans une essence plus dure supportant les effets de percussions, c'est un instrument très populaire présent dans beaucoup de maisons, particulièrement dans le monde rural.






C'est en 2018 que "Là! c'est de la Musique” accueillait Shadi Fathi et Bijan Chemirani pour un concert inoubliable, les “happy few” s'en souviennent.

En mars 2020 Bijan rejoignait le projet de son frère, Keyvan Chemirani, intitulé “Hâl” (prononcer « Hol »), né autour d’un café et qui devait se jouer sur scène aux “Détours de Babel” à Grenoble, on connaît la suite, il faudra patienter un an et demi pour que "Hâl, le voyage amoureux" soit enfin présenté. Dans cette parenthèse imposée, un disque a été finalisé, tout près de chez lui, à Montreuil. Entre deux confinements, le percussionniste a abouti une démarche entamée à l’impromptu trois ans plus tôt sur la scène d’un autre festival, Métis. On ne présente plus Keyvan Chemirani, cofondateur du Trio Chemirani, mais surtout grand virtuose du zarb et plus largement incontournable expert des rythmes persans et méditerranéens. Après de nombreuses aventures musicales, sous son nom ou en collaboration (Kudsi Erguner, Serge Teyssot Gay, Jean-Marie Machado…), cet alchimiste et poète des sons propose un nouveau voyage familial en liberté. Le groupe imaginé et conçu autour de la voix de sa sœur Maryam Chemirani, chanteuse mais aussi infirmière, d’abord en Inde et au Bangladesh, puis dans les Alpes de Haute Provence, qui bien que très occupée par ces temps troublés, a pourtant décidé, sous l’impulsion de Keyvan, de revenir au chant.. Le groupe réuni aussi le flûtiste Sylvain Barou, inépuisable curieux à la liste impressionnante de projets et collaborations diverses, Bijan Chemirani au saz au zarb, aux percussions et Keyvan, à qui je laisse la parole.

"Jouer en famille, sur scène, a toujours été une expérience particulière. Comme une continuation naturelle de l’apprentissage de la vie et de la musique, comme un retour aux sources et aux racines. Dans la continuité de mes projets antérieurs (travail autour de la modalité indo-orientale, formation acoustique mettant en valeur l’ornementation, la richesse des carrures rythmiques, aller-retour entre le festif et le méditatif, place pour l’improvisation dans un canevas précis...), j’ai choisi de centrer Hâl autour de la voix de ma sœur Maryam Chemirani, dont la générosité, le timbre chaud et le charisme me touchent profondément et méritent à mon sens une exposition pleine et entière. Avec le merveilleux virtuose Sylvain Barou – dont on pourrait dire à son propos, comme Rumi le disait de la flûte ney en roseau, que « ce n’est pas de l’air qui sort de sa flûte, mais du feu ! » – et la délicate sensibilité de mon frère Bijan Chemirani sur le saz, et sa précision stupéfiante sur les percussions, nous disposons d’un écrin de luxe, tantôt soyeux, tantôt vif, enjoué et lumineux. Comme souvent aussi, le besoin d’ouvrir le monde de la modalité orientale s’impose comme une nécessité. [...] «Ma route est sur le chemin qu’a emprunté mon cœur» dit Saadi. Ce voyage constitué de compositions et de quelques morceaux traditionnels réarrangés (irlandais, turc, persans) est aussi un voyage amoureux, suivant la philosophie des mystiques persans, mettant l’amour en exergue comme philosophie de vie ! Et puissions-nous ensemble se rapprocher du hâl, cet état extatique à la fois d’éveil et d’oubli de soi, que l’on recherche dans les musiques savantes orientales !"


Keyvan Chemirani

“Le hâl" est l’état de conscience dans lequel on s’oublie soi-même. Une ivresse spirituelle qui fait s’entrelacer la perception de l’extérieur et la conscience de son cheminement intérieur – une sorte de transe du dedans qui, selon les vieux auteurs persans, est l’idéal du musicien comme l’idéal de l’auditeur. “

L'album “Hâl, Ballades amoureuses” a été publié en septembre 2021sur le label indépendant de musique classique Alpha Classics et, précision utile pour les avignonnais(es), il figure dans les rayons de la médiathèque Ceccano..

Alors bonne écoute en état de "hâl"...

BD °)